Archives mensuelles : mars 2018

AVEUGLEMENT

Dès les années  70, la 1ère adhésion d’ERDOGAN est pour le parti islamiste MSP. Il en devient Président de la section d’Istanbul. Le putsch militaire interrompt un long moment sa carrière.

Sous couvert de lutte contre la corruption, en 1994, il devient Maire d’Istanbul et obtient de bons résultats qui commencent à lui donner une bonne image. Dès  1996, les laïcs turcs, méfiants, n’oublient pas sa réponse à une journaliste: « je suis l’imam d’Istanbul ».

En 2001, Erdogan fonde le parti de la justice et du développement (AKP). Son parti gagne les législatives de 2002 et en Mars 2003, Erdogan devient chef du gouvernement. En 2007, Le Monde pouvait titrer: « Au pouvoir depuis 2002, le parti ex-islamiste AKP de M. Erdogan poursuit sa mue vers la modernité »
La réussite de la libéralisation de l’économie, en accord avec le FMI, font de lui un « démocrate conservateur »  aux yeux des occidentaux. Les bons résultats économiques l’amène à la Présidence de la République en Aout 2014.

Usant d’un habile parallèle avec les « chrétiens-démocrates »,  il se présentait aux européens comme un « musulman-démocrate ». Fort des liens historiques, Mme Merkel a négocié avec le maître-chanteur, la retenue des réfugiés pour une coquette somme.  Nous n’avons pas été aussi généreux avec  le Liban et la Jordanie qui en ont accueilli probablement tout autant.

Vous pouvez retrouver les images télévisées des convois de camions citernes transportant le pétrole de l’état islamique vers la Turquie. Depuis la tentative de coup d’état, le doute n’est plus permis. Les dérives autocrates d’Erdogan étaient inscrites dans ses choix de jeunesse. Comme ses « Frères Musulmans » qui ont sévi un moment en Egypte et en Tunisie, il met en œuvre la prééminence de la loi islamique sur l’état républicain. Il n’y a pas plus d’islamophobie à dénoncer la philosophie d’Erdogan que de christianophobie à traiter de l’Opus Dei.

Notre Monde n’est plus celui de l’après-guerre, la guerre froide est terminée, une nouvelle grande puissance est apparue, la Chine, ainsi que de nouvelles puissances régionales. Avec l’évolution de la Turquie, 2 institutions issues de cette époque, le Conseil de l’Europe et L’OTAN seront amenés à s’interroger.

Jean Marie PEYRON